[Voyage] Le perthus – Cassagnes

C’est bon, je suis vivant ! Pas de fantômes, ours, loups, brigands, non, on aura pas ma peau comme ça !

Réveil enchanteur, odeur de bois fumé et soleil éclatant mettent mes sens en éveil. Les plats déshydratés, c’est pas mauvais, mais c’est loin de me caler comme il faut ; je plie donc la tente, avale en deux bouchées mes barres céréales, et me met vite à pédaler, avec l’envie d’atteindre rapidement un petit village ou je pourrais me ravitailler.

Le programme du jour ? Quitter le Perthus, en faisant le chemin inverse sur l’EuroVélo 8, jusqu’à Saint Genis des Fontaines, puis bifurquer à ce niveau en direction de Thuir, pour ensuite me diriger vers Ax les Thermes. Quand je pars, je ne sais pas encore si je vais passer par Prades, ou je longerais un petit cours d’eau, ce qui me permettrait de me ravitailler à peu près quand je veux, ou par le nord. Petite vérification rapide sur le calculateur de trajets, je récupère quelques infos sur le net, et me décide à passer par le nord, censé être un peu moins violent en terme de dénivelés. Eh oui, j’attaque les Pyrénées «pour de vrai» donc il va falloir que j’apprenne à me ménager. Je ne suis pas un habitué des routes de montagnes, cet effort est encore totalement inconnu pour moi, surtout chargé.

GO !

Le trajet jusqu’à Thuir se fait simplement, je retrouve les routes plates, et d’un côté ça fait du bien, mais c’est un style de paysage que j’ai déjà vu. Après m’être perdu plusieurs fois, je trouve enfin une boulangerie ouverte, et demande le seul truc salé qu’ils avaient: une fougasse aux grattons de canard. Bon on va faire simple, c’est ignoble, en tout cas pour mes petites papilles pas habituées à ces saveurs ! J’ai rien contre le sucré/salé d’habitude, mais le dessus couvert de sucre, et l’intérieur plein de grattons c’est…étrange. Pas grave, je peux enfin prendre un simili petit déjeuner, et étancher ma soif, pour reprendre en pleine forme ensuite. Je traverse quelques petits villages tout mignons, occupés essentiellement par des vaches et autres chevaux. À force de flâner, l’heure avance ! Direction de Saint Feliu d’Amont, Nefiach, pour commencer à attaquer les collines. Ça souffle fort, ça monte sec, sur des pistes en plus… Mes pneus glissent, je manque de me casser la gueule plusieurs fois… Pfiou ! Épuisant ce trajet. À suivre ces pistes à peine balisées, je commence à craindre de me perdre au milieu de nul part. Et cette fois, je n’ai pas d’eau, mais il me reste toujours mon sachet déshydraté «de secours». C’est moins drôle d’un coup.

On perd pas le nord, et je continue sur ce que j’espère être la bonne route ; au loin, la poussière s’envole. Le vent ? Non, une automobiliste ! Je lui fais signe, espérant qu’elle s’arrête, pour pouvoir demander mon chemin. L’humanité a ici fait toute son œuvre, puisqu’elle est passé à coté de moi sans même ralentir, après que je me sois promptement écarté dans le fossé… Sympa.

Finalement, je me dis que je ne suis pas si mauvais que ça en orientation, puisque je me retrouve dans la ville que j’avais visé, à savoir Belesta. Après moult tours de roue, et toujours ces montées, je me pose quelques minutes au cœur de ce «village historique» et comptant 232 âmes. Fort heureusement, ce village compte aussi un cimetière, qui me sauve la mise : il y a très souvent de l’eau potable (pour arroser les plantes). Après m’être jeté sur le robinet, et la poche a eau remplie, je repars, bien plus serein.

Je ne ferais que quelques kilomètres, en longeant le pic d’Aubeill, sur des routes sinueuses, pentues, mais avec une vue de dingue sur le plan d’eau de l’Agly. Ce lac est magnifique, et je ne peux pas m’empêcher de m’arrêter plusieurs fois pour admirer ce paysage.

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Même si ça souffle encore, et même s’il a encore fallu grimper un peu pour arriver là, le sourire me gagne. La nature, l’eau, les bois, les montagnes, c’est juste beau, et ça fait du bien de pouvoir trouver des sites qui soient encore dans cet état.

Je commence à être fatigué, il est presque 17h30, il va falloir que je commence à trouver un endroit ou me poser. Le destin m’entend, puisqu’en traversant Cassagnes, je tombe nez à nez avec une locale, qui me donne le chemin jusqu’à un plan d’eau qu’elle à aménagé avec son copain (merci à vous, nouveaux propriétaire de l’Auberge des Capitelles )

Petit bain dans une eau fraîche, mais tellement agréable, et rituel habituel de montage de tente, diner, dodo…

Mais cette fois, avec les yeux dans les étoiles.

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Il est l’heure de reprendre des forces, demain, j’aimerais avancer autant que possible vers Ax-les-Thermes…

 


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