Après cette superbe nuit au bord de l’eau, je me réveille avec un beau soleil. La journée sera belle !
Pas de petit dej, je n’ai rien à manger, démontage du bivouac, et hop, les cales sont posées dans les pédales, et je repars. Le réveil pique un peu, puisque c’est par un petit col que je commence à me chauffer les jambes. N’empêche, sur ma droite, j’ai toujours la vue sur le plan d’eau de l’Agly, et son barrage, et cette vue me coupe à nouveau le souffle. Bon par contre, il fait faim, et le trajet prévu me fait passer par d’autres cols, et pas de village. Je décide de bifurquer, pour passer dans différents petits villages, et trouver à manger. Direction Ansignac ! Passage au milieu des vignes, j’atteins les premiers villages, et surprise… Y’A RIEN À MANGER ! Bienvenue dans les tous petits villages, ou même les dépôts de pain ne sont pas là…
Coup au moral et grosse dalle, je continue ma route, pour finalement trouver à Saint Paul de Fenouillet un snack ouvert. Il est 14h, je crève la dalle, et dévore mon assiette.

Faut pas trainer, il me reste de la route jusqu’à Ax ! Mais en reprenant le vélo, mes jambes sont lourdes, le vent s’est levé, les nuages cachent le soleil ; ça me sape le moral. Ça monte, ça souffle énormément, au point de carrément me stopper dans les descentes douces (!!!!), bref, mon moral décline.
C’est dans ce moment là qu’on ressent un peu la solitude. Personne pour s’encourager, personne pour partager, pour se changer les idées. Heureusement, les routes sont toujours magnifiques, et ça permet de continuer à rouler !

Le vent me fatigue énormément, et au vu de ma vitesse de progression, il est clair que c’est pas aujourd’hui que j’atteindrais Ax. Pas grave, je pose le bivouac à Puillaurens, et après un joli feu de camp, m’endors tranquillement, avec deux pierres chaudes que j’ai emmitouflées dans le fond de mon duvet, comme des chaufferettes de l’ancien temps.

Mais il semblerait que les sangliers cette nuit là en aient décidé autrement : je me fais réveiller au milieu de la nuit par deux bestioles, à quelques mètres de la tente ! Elles fouinaient dans le sol, en grouinant, dévorant les petites bêtes, et autres joyeusetés. Alors, même si c’est pas la période des marcassins, clairement, je faisais pas le malin en entendant ces bruits depuis l’intérieur de ma tente ! Bon, dès que je me suis levé, les sangliers ont déguerpi, et j’ai poursuivi ma nuit, avec un sommeil un poil plus léger ^^
Réveil matinal quelques heures plus tard, et c’est reparti !! Aujourd’hui, je veux réussir à atteindre Ax.
Le début de route est très sympa, je suis la route des corniches, qui passe dans la vallée et protège donc de la tramontane, et ça, c’est cool. En plus ce vent vient dégager les nuages, et le soleil recommence à rayonner. Comme c’est bon de sentir sa chaleur sur le corps !

Petit passage sympa aussi au niveau de Joucou, avant de grimper sur les plateaux pyrénéens



Bon les plateaux, c’est joli, mais qu’est ce que ça caille ! Je fume une petite clope en ayant les yeux rivés sur le pic du midi, en sachant que je vais passer à coté après !), et renfourche mon destrier.
Ça monte, encore et toujours (mais, on était pas sur un plateau ?), et avec le soleil qui commence à tomber, ça commence à vraiment se rafraichir. J’atteins finalement Prades, encore 20 kilomètres pour rejoindre Ax, mais je flanche, et décide de me poser ici. La courte nuit ne m’a pas aidé à bien récupérer, et avec tout ce dénivelé, je le sens clairement. Tant pis, je n’atteindrais pas mon objectif ce soir…
SAUF QUE !
Je croise un petit vieux, lui demande s’il y a un coin tranquille pour poser la tente. Il me répond clairement que je ne suis pas vraiment le bienvenu à faire ça ici, et me suggère de pousser jusqu’à Ax. Il est 18h, je suis raide mort, j’hésite.
«Ça monte à peine, 3 ou 4 km max, vous êtes jeune, ça sera pas trop difficile pour vous !»
Allez, je te fais confiance, je prend mon courage à deux mains, réveille ma motivation qui était en train de s’endormir sur le bas côté, et me remet à mouliner…
4 km, je sais pas, mais oui en tout cas, ça montait bien !
Il fallait passer par le col de Marmare, et celui de Chioula (je ne ferais pas de jeu de mots vaseux, promis).
J’ai hésité à passer la nuit dans le refuge du Chioula, à 1600m, mais mon sac était trempé de lubrifiant (bouteille qui casse dans la sacoche, ô joie), et surtout, le refuge était fermé.
Je fais les 10 km restant, descente uniquement, à toute vitesse car je commence à geler sur place, et tout tremblant, pose enfin le pied à Ax…
De joie, les larmes me montent aux yeux : J’AI REUSSI ! et j’avoue que j’étais vraiment content de moi.
Pour me féliciter, car il est important de se faire des petits plaisirs, j’ai décidé de dormir dans une chambre d’hôtel ! Et une fois les affaires posées, je file visiter ce petit centre ville de cette station thermale, et bonheur…

La ville comporte plusieurs (3 si je ne me trompe pas) sources, où l’eau, pleine de minéraux, souffre et autres, sort à 77degrés!
Un bonheur pour reposer ces gambettes qui ont bien bosser aujourd’hui…
C’est l’heure de dormir ensuite, et je ne traine pas pour profiter de ce graaaaaaaaand matelas, et de la couette.
Bonne nuit !





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